Gisèle Mandaila
 
 
 
 

Olivier Maingain au « Soir » à propos de BHV : « Ce sera tabou contre tabou ! »

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Dans son édition de ce vendredi 8 janvier, le quotidien « Le Soir » publie sous la plume de David Coppi une longue interview d’Olivier Maingain axée sur le fameux arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, qui, tout en se faisant discret pour l’instant, se prépare à revenir à la « une de l’actualité politique.

Aux responsables politiques flamands (ceux de l’Open VLD notamment) qui attendent un accord définitif pour Pâques, le président du FDF brandit un argument de poids : « Aller aux urnes sans avoir touché à BHV ne pose aucun problème juridique. Il y aura une réaction de certains bourgmestres flamands qui se mettront une fois de plus hors la loi. Et alors, on ne va pas quand même donner une prime à ceux qui ne respectent pas la loi ! Les élections doivent être validées par les assemblées parlementaires. Je vois mal les parlementaires fédéraux invalider leurs élections….Notez, dès lors que, je suis très fâché sur M. Martens, le président de la Cour constitutionnelle qui a déclaré publiquement qu’aller aux urnes sans avoir modifié BHV est dangereux (en sa qualité de député fédéral, le président du FDF a interpellé à ce sujet le Premier ministre, mercredi dernier) . Il est sorti de son devoir de réserve, il ne fait que donner des arguments politiques à certains flamands. Vous savez, il est difficile de trouver une solution à BHV lorsqu’on ne traite que l’aspect de la circonscription électorale. Dès qu’on veut trouver des équilibres entre Flamands et francophones, il faut élargir l’assiette ce qui demande plus de temps. En une formule, on ne résoudra pas BHV dans un dé à coudre. »

En ce qui concerne la grande réforme de l’Etat souhaitée par le monde politique flamand, Olivier Maingain est tout aussi clair : « C’est le genre de débat qu’il faut entamer au début d’une législature pour avoir une bonne chance de réussir. J’ajoute à propos des équilibres entre Flamands et francophones que, dès que des communes sortent de BHV, les électeurs ne votent plus dans les conditions actuelles et il y a amorce de scission de BHV. A ce moment, il doit y avoir une amorce d’élargissement de Bruxelles. Je précise que permettre à la Communauté française d’exercer ses compétences en périphérie flamande, comme cela avait été envisagé en 2005, nécessite de toucher à la Constitution. L’élargissement de Bruxelles demande, lui, une majorité spéciale, pas une révision de la Constitution. C’est plus simple. »

L’élargissement de Bruxelles permettrait de régler de manière définitive les problèmes que rencontrent systématiquement les francophones de la périphérie : atteintes unilatérales, non nomination des bourgmestres, décret flamand sur l’inspection pédagogique… « Il faut régler tout cela si on veut vraiment un accord pacificateur et solide » ajoute Olivier Maingain pour qui, lors des négociations sur BHV, ce sera tabou contre tabou : « Si nous devons être capables de parler de ce que demandent les partis flamands notamment la scission de l’arrondissement, eux doivent être capables de parler de ce que nous demandons, à savoir l’élargissement de Bruxelles. »

Pas question, comme certains partis flamands l’espèrent de négocier la scission de BHV sans parler de l’élargissement dont eux, ne veulent pas entendre un seul mot. Cette stratégie, qu’ils ont voulu (veulent toujours pour certains) imposer, doit trouver sur son chemin des partis francophones forts et unis. C’est un des messages d’Olivier Maingain.
 

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