Lors de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes de 2008, Ban- Kin-MOON, Secrétaire Général des Nations Unies déclarait ceci : « Il nous incombe à tous -hommes et femmes, soldats et casques bleus, citoyens et dirigeants- d’aider à mettre fin à la violence contre les femmes », fin de citation.
Ces propos peuvent nous sembler concernés les contrées lointaines. Eh bien non. Selon OXFAM-Solidarité, chaque jour, près de 140 plaintes sont déposées en Belgique pour violence conjugale. Les estimations établissent qu’une femme sur huit est victime de violence conjugale. Toujours selon OXFAM-Solidarité, la violence contre les femmes constitue la violation la plus répandue des droits humains dans le monde.
Depuis les années 2000, plusieurs enquêtes ont tenté de dresser un bilan statistique des violences conjugales. Une étude menée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), basée sur des interviews de 24 000 personnes dans 10 pays différents montre une prévalence de violence conjugale variant entre 15 et 70% de femmes interrogées. Les femmes subissent en majorité les violences au sein du couple (violences psychologique, verbale, sexuelle, contraintes économiques, etc…).
Pour certains hommes, la violence est la réponse « normale » à ce qu’ils considèrent comme un « refus d’obéissance », ils ont vu leur père frapper leur mère, ont une tolérance minimale à la frustration, ne savent pas régler autrement les conflits et trouvent donc naturel de frapper leur compagne.
Selon Amnesty International, la violence conjugale est et reste encore un phénomène tabou. De nombreux préjugés persistent, des fausses idées qui voilent la réalité du phénomène continuent de circuler. Pour beaucoup, violence conjugale = femme battue, voilà l’association qui est faite alors que la violence englobe beaucoup plus de choses que les coups.
Il est également notable de constater que la violence conjugale touche tous les milieux socio-culturels, y compris les plus favorisés intellectuellement. Et aujourd’hui, malheureusement, le nombre de jeunes filles qui subissent les violences de la part de leur petit ami est en augmentation.
Au cours de sa vie, une femme sur trois à travers le monde a été battue, contrainte d’avoir des rapports sexuels ou a subi d’autres formes de sévices, et en Belgique, la violence conjugale touche une femme sur 5. En outre, la moitié des femmes assassinées le sont par leur (ex)conjoint.
La violence conjugale contre les femmes est un déni flagrant des droits fondamentaux et elle a aussi un coût gigantesque pour la société rappelle OXFAM-Solidarité. En effet, outre les coûts de santé directs, 8 millions de journées de travail rémunéré sont perdues suites aux actes de violence familiale. La violence et la peur de cette violence empêchent beaucoup de femmes et des filles de participer pleinement à la vie en société et d’aller à l’école, au travail, etc… Cette violence a également des conséquences traumatisantes pour les enfants qui vivent ses scènes douloureuses.
D’après le Centre de prévention des violences conjugales et familiales, les femmes victimes de violences conjugales sont davantage menacées par la précarité matérielle que les hommes seuls. La difficulté de trouver un logement convenable est encore plus aiguë pour les femmes victimes de violences conjugales qui veulent se reloger après avoir quitté leur conjoint.
En Wallonie, un lit d’urgence est toujours prévu dans les Maisons d’accueil, mais ce dispositif n’existe pas à Bruxelles. Des femmes se voient refuser l’accès d’un centre d’accueil, faute de place, et sont mises sur liste d’attente. De telles situations peuvent conduire à des drames humains.
Certes depuis quelques années, il y a une prise de conscience des acteurs du monde politique et judiciaire. Des plans d’actions ont été élaborés pour lutter contre ce phénomène. Qu’il existe une coordination provinciale, qu’il y ait les circulaires 3 et 4 « Tolérance Zéro », que chaque commune a un service d’égalité de chances, que le nombre des plaintes a augmenté parce que de plus en plus des femmes savent qu’elles ont des droits, la Belgique a encore du chemin à faire pour apporter des réponses concrètes et constantes à cette forme de criminalité. Trop d’hommes qui violent leurs compagnes bénéficient encore d’une impunité de fait et trop de femmes se résignent encore à leur triste sort.
Dès lors au vu de ce constat, mon interpellation visera à développer les questions suivantes :
1) Ne faudrait-il pas une politique globale de lutte contre les violences avec une réunion de tous les acteurs et ce à tous les niveaux nivaux de pouvoir ?
2) Ne faudrait-il pas pour mieux lutter contre ce phénomène un Monsieur ou une Madame Violence comme il existe un délégué aux droits de l’enfant ?
3) Les textes légaux existent, mais leur application pose problème parce que trop peu des moyens financiers et humains sont mis à disposition pour lutter efficacement contre cela. Que comptez-vous faire pour que ces batteries de mesures ne restent pas lettre morte ?
4) Ne faudrait-il pas allouer plus de moyens pour un travail de sensibilisation et de changement de mentalité ?
5) Enfin, ne peut-on pas prévoir le même dispositif d’un lit d’urgence à Bruxelles, tel qu’il existe en Wallonie ?








